1) L’origine, une découverte et une rencontre.
C’est lors d’un voyage en 2003 que Stéphane Leborgne, aujourd’hui président de l’association, découvre le Nicaragua.
Fasciné par la richesse de sa culture et ému par des rencontres humaines fortes, il décide d’y retourner l’année suivante.
En août 2004, alors qu’il se prépare à jouer avec d’autres musiciens à l’occasion d’un festival, il rencontre sur le malecon (bord du lac au coeur de Managua), Alex, un enfant orphelin voué à la rue depuis la mort de sa mère.
Alex restera l’après-midi à côté de Stéphane, puis face à la scène, parmi les 2500 personnes devant qui celui-ci interprète « Nicaragua Nicaraguita » à la cornemuse.
Une complicité, et une vraie amitié naissent entre Stéphane et Alex.
Deux jours après le festival, Alex s’élance vers Stéphane qu’il aperçoit dans le marché Roberto Huembes. Ils passent la journée ensemble ; Alex confie alors des bribes de son histoire.
2) Histoire d’Alex, un enfant de la rue.
Alex a vécu avec sa mère et sa petite sœur jusqu’à l’âge de 10 ans.
S’occupant de sa mère gravement malade jusqu’à son décès, ainsi que de sa petite sœur, Alex allait à l’école comme la plupart des enfants de son âge. Il sait lire, écrire…
A la mort de sa mère, sa sœur fut récupérée par de la famille vivant au Honduras.
Cette dernière famille ne pouvant subvenir aux besoins de deux enfants supplémentaires, Alex se retrouve alors à la rue, déscolarisé, sans protection, passant ses nuits sous des cartons et s’adonnant à la mendicité.
3) Une promesse, à l’origine de l’association.
Stéphane doit quitter le Nicaragua le lendemain de cette seconde rencontre avec cet enfant.
Alex lui pose cette dernière question :
« Quand reviendras-tu me voir ? »
Nœud dans l’estomac et boule dans la gorge face à cette terrible injustice, Stéphane lui promet de revenir dès qu’il le pourra.
De retour en France, et conscient que la situation de ces enfants des rues est catastrophique, Stéphane décide de monter un projet visant à aider Alex et les enfants qui partagent son quotidien.
4) Rédaction du premier projet :
« Musique avec les enfants de la rue, à Managua »
Le projet initial, monté en 2005, a pour vocation de retrouver Alex et d’organiser des ateliers musicaux avec les enfants orphelins du marché Oriental, qui partagent le quotidien d’Alex.
C’est en voyant un enfant chanter dans un bus à Managua, agitant dans sa main une petite bouteille en plastique contenant des cailloux, que Stéphane constate le réel engouement des passagers, confirmant cette piste d’intervention artistique. Stéphane ayant enseigné dans un conservatoire des Yvelines ainsi que des écoles de musique et des centres de loisirs, espère alors pouvoir développer des ateliers au coeur des communautés de laissés pour compte.
Outre l’aspect ludique et exutoire, cette démarche pédagogique vise à rendre l’enfant acteur dans une société qui ne le voit pas et qui préfère parfois l’oublier.
En apprenant à manipuler des percussions propres à sa culture et en chantant, l’enfant réalise quelque chose de concret qui lui permet de gagner la sympathie de la population. Ce vecteur apparaît comme un moyen d’intégration idéal dans la société.
5) 2005 : Première mission, à la recherche d’un enfant S.D.F. (soutenue par la Direction Départementale Jeunesse et Sport des Yvelines et la Mairie de Paris).
a) -Extrait du journal de bord de Stéphane Leborgne-
« (…) Début octobre 2005, je débarque à Managua, alors que les pays voisins (Honduras, Salvador…) enterrent, ou plutôt déterrent les milliers de victimes des intempéries grandissantes en Amérique Centrale. Mais je ne peux rester accablé par ces images ô combien douloureuses que nous assènent les chaînes nationales…
Je ne garde qu’une idée en tête: retrouver cet ange déchu dont j’ai pour unique trace cette photo prise lors du festival pour lequel j’avais joué l’année précédente à Managua, sur le malecon.
Il me faudra 2 jours et de nombreux kilomètres parcourus, à arpenter les marchés populaires et artères de cette jungle urbaine, avant d’arriver enfin à ce lieu, point de convergence des renseignements obtenus.
Faisant abstraction des « N’y va pas, c’est plein de bandits, de voleurs, de drogués… »(dixit la population interrogée), je rentre dans un corridor de baraquements (…). Devant moi, un grillage dans lequel je m’immisce, entre des mailles sectionnées:
Le parc Ciudad Jardin, vaste terrain vague jonché d’immondices où évoluent enfants, adolescents désoeuvrés et jeunes adultes, presque tous en proie à l’addiction terrible engendrée par la « pega » (colle aux solvants puissants) ou encore la « piedra » (crack).
Autrefois lieu de « bonheurs enfantins », ce square renfermé sur lui-même, s’est vu déserté par une population en proie à une peur viscérale entretenue par les quelques journaux nationaux spécialisés dans les nouvelles nécrologiques et les délits aggravés.
J’arrive, on m’encercle, je montre la photo d’Alex, mon ami dont je cherche des nouvelles.
On me le désigne du doigt…
Il est là, 30 mètres devant moi, dissimulant honteux cette bouteille remplie de colle qu’il sniffe pour s’éloigner de la réalité, sous ses nippes lacérées…
«Bonjour Alex, tu te souviens de moi? »
Le regard hagard d’Alex s’emplit alors de larmes et il se met à pleurer, sans me rendre le moindre mot.
Voyant la guitare que je porte sur mon dos, les personnes m’entourant me demandent alors de jouer pour la communauté.
On m’apporte une chaise en ruine, la seule du parc peut-être, et une vingtaine de personnes s’asseyent autour de moi, silencieuses…
Alex est là devant moi, la première fois depuis un an.
Cette chanson qui me revient, « foule sentimentale » et cette boule qui surgit dans ma gorge, entravant ces phrases que je n’avais jamais senties aussi significatives.
C’est le début d’une aventure humaine formidable et déchirante (…)
b) Les premiers ateliers, au cœur de la vie abyssale de Managua.
Les aînés de la communauté remercient Stéphane et lui annoncent qu’il est le bienvenu.
Il revient deux jours après, un sac rempli de percussions et de flûtes dans les mains.
Il est accueilli par un adolescent drogué qui pose le canon d’un pistolet contre son ventre.
- Qu’as-tu dans ton sac ?
- Des instruments…pour les enfants du parc…
- Il y en a pour moi ?
- Oui…
Stéphane lui remet une paire de maracas et le jeune s’éloigne.
Il s’agit de la première rencontre « délicate » au cours de ces missions.
Après cet incident, il décide d’organiser des ateliers dans un lieu plus « sécurisé ».
Les enfants lui parlent d’une école en ruine à quelques centaines de mètres du parc…
Ils s’élancent vers ce lieu. Découverte d’un bâtiment en rune d’où émanent de fortes odeurs d’urine. Cependant, il semble un plus tranquille…
Après avoir rassemblé quelques pupitres, Stéphane prend les noms des jeunes (de 8 à 35 ans) et improvise un cours en ce lieu improbable.
Bientôt, les visages s’illuminent et les rires raisonnent entre les murs de ce bâtiment austère, ponctués par les rythmes et les notes provenant des claves, guiros, maracas, flûtes et autres bongos…
Les ateliers musique avec les enfants des rues ont un véritable succès et bientôt une trentaine d’enfants et jeunes se joignent au groupe.
Stéphane leur impose une condition, la colle qu’ils sniffent reste en dehors.
Première victoire en constatant que la plupart des jeunes abandonnent leur pot…
6) 2006: Création de l’association Chavalos de Managua.
De retour de cette mission, Stéphane organise en avril 2006, dans le centre culturel La Clef, à Saint-Germain-en-Laye, une soirée au cours de laquelle il sensibilise le public à cette lointaine réalité.
Il récolte les premiers dons au nom de l’association Chavalos de Managua, qui naîtra officiellement en mai 2006.
François Brack se lance dans cette aventure en devenant trésorier de l’association.
Dès lors, le nombre de personnes concernées ne cesse d’augmenter.
L’équipe Chavalos compte alors 7 bénévoles dans son bureau:
- M. Stéphane Leborgne, président,
- Mme Carvajal Saenz Carmen, vice présidente,
- M. Brack François, trésorier,
- Melle Lisa Renard, secrétaire,
- M. Julien Jourdan, chargé de projets,
- M. Alexandre Vitry, chargé de projets,
- M. Jérôme Cany, Web master
7) 2007: Démarches administratives pour ramener Alex en France et élargissement des actions, en collaboration avec une ONG locale, Los Quinchos (soutenue par la Direction Régionale Ile de France).
Cette année, Stéphane représente un dossier afin de reconduire les ateliers auprès des enfants, cette fois à la Direction Régionale Ile de France.
Le projet est à nouveau soutenu.
Stéphane retrouve Alex par hasard à Granada (à 60km de Managua), dans le parc central.
Alex semble très amoindri, aussi Stéphane et Carmen décident de l’héberger à Samarcanda, une auberge familiale de Granada.
Alex manifeste le souhait de rester avec eux, envisageant même de partir pour la France.
Il parait réellement en mauvaise santé et n’ayant confiance en personne d’autre que Stéphane et Carmen, ils entament les procédures légales d’adoption (ministère de la famille, état-civil de Managua, ambassade de France au Nicaragua…).
Ces démarches avortent pour une simple raison : Alex n’a pas de papiers, il n’existe pas (juridiquement). C’est le cas de dizaines de milliers d’enfants dans ce pays.
Les raisons sont multiples : désinformation, des frais d’enregistrement à l’état-civil que de nombreuses familles ne parviennent pas à payer…
Bien que Carmen et Stéphane soient soutenus par des personnes influentes, ils se retrouvent bloqués irrémédiablement pour des motifs juridiques.
2008 : Enregistrement de l’album live « Concierto para un Chavalo » à Granada, au profit des enfants de la rue.
Durant la mission de juillet-août 2008, nous avons monté en partenariat avec la Casa de los Tres Mundos (Centre culturel incontournable au Nicaragua), un concert au profit des enfants de la rue, dont la promotion a été assurée par des chaînes de télévision nationales, des radios locales… Alex a participé à l’évènement et nous avons ainsi pu le présenter à Dieter Stadler (le directeur du centre culturel).
8 artistes de renom ont répondu à notre appel et un disque a été réalisé à la suite de cet évènement.
Ce disque est disponible, nous contacter si vous voulez en savoir plus.
L’intégralité des bénéfices est allouée aux actions de l’association.
Depuis, Alex nous contacte régulièrement par téléphone, par le biais de Dieter, notre homme de confiance et via Facebook.
Aussi, nous savons désormais qu’Alex mange régulièrement, prend des douches quotidiennement et bénéficie de soins, grâce à l’investissement de ce contact prépondérant et notre soutien financier.
9) Depuis le début, nos actions se multiplient et nous avons désormais plusieurs vocations :
- Organisation au cœur des communautés de démunis (Marché Oriental de Managua, Granada, Parc Ciudad Jardin…) d’ateliers en fonction des spécialités de chaque formateur: ateliers musicaux, sensibilisation et prévention sanitaire…
- Apport de matériel scolaire, fournitures diverses, médicaments (contribution aux dispensaires et centres de soin implantés sur place).
- partenariat interculturel (interventions dans des écoles au Nicaragua)
- En parallèle, l’association développe des projets en France permettant, outre la promotion de son action et la récolte de fonds, de promouvoir la culture du Nicaragua.
- sensibilisation dans des écoles parisiennes (Groupe scolaire Saint Vincent de Paul, dans le 13° arrondissement, école Saint Erembert à Saint Germain en Laye…)
- participation à divers évènements organisés par des municipalités telles que Saint-Germain-en-Laye, Chanteloup-les-Vignes, Carrières-sur-seine…
10) Le projet à long terme.
Le projet à long terme est la réintégration scolaire ou la formation pour les moins jeunes afin de leur permettre de retrouver une place descente dans la société.
Pour y parvenir, Chavalos doit créer sa propre structure d’accueil au Nicaragua.
« L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur » (Déclaration de Genève – S.D.N. 1924).
Si les droits de l’enfant ont été approuvés le 20 novembre 1989 à l’unanimité par l’Assemblée Générale de l’ONU, il faut malheureusement constater que, dans bien des cas, ces droits sont menacés voire bafoués.
L’enfant qui a faim doit être nourri.
L’enfant malade doit être soigné.
L’enfant maltraité doit être protégé.
L’enfant exploité doit être secouru.
L’enfant abandonné doit être recueilli.
Tout enfant doit connaître un jour la tendresse d’un regard d’amour posé sur lui.
C’est dans ce cadre que l’association envisage son action.
L’acquisition d’une structure et le développement d’une action sociale et pédagogique au sein de ce foyer tend à répondre aux besoins physiques (physiologiques et de sécurité), de ces enfants confrontés à tous les dangers et les travers de la rue, avant de leur permettre ensuite de satisfaire les différents besoins secondaires que la pyramide d’Abraham Maslow représente.
11) Comment participer.
Vous pouvez contribuer de différentes manières.
- Vous pouvez soutenir l’association en venant aux évènements organisés. Différentes missions sont menées par l’association pour promouvoir son projet et ses actions : projections de films et débats, repas latino-américains, expositions, interventions musicales et danse et ventes de disques, photos…).
- Vous pouvez devenir membre de l’association.
Etre membre de l’association Chavalos de Managua, c’est adhérer pleinement aux valeurs défendues et revendiquées par l’association.
- Promouvoir l’action auprès de votre entourage, vous tenir au courant des actions de l’association, agrandir la communauté Chavalos en rejoignant notre Facebook (cela vous permettra également de recevoir les news de l’association et les invitations aux évènements…)
- Faire un don. Les dons à l’association permettent, tout comme les adhésions, de subventionner les évènements, d’acheter du matériel destiné à la communauté.
- Devenir partenaire dans notre projet de Recyclage Solidaire.
IMPORTANT:
Tous les membres actifs travaillent bénévolement.
L’intégralité des ressources est allouée aux actions.























































